Rencontre des Arts

(Lu en 3 minutes)
Rencontre art
Le 02 juin 2009 Rubrique: Xib'art Actu

Partager cet article par email





L’exposition photo « Traces de vie » avait déjà été ouverte une semaine auparavant, et les œuvres des six photographes exposants observées et appréciées, mais ce soir, c’en était une redécouverte sous un autre jour, dans cette atmosphère de mélanges et d’ouvertures culturels.

 Peintres, photographes, journalistes, entrepreneurs, musiciens, médecins - en bref, une multitude d’horizons, se mêlaient dans le public du défilé, dans la galerie Léopold Sédar Senghor, autour du bar et sur la piste de danse. Une occasion de vivre véritablement l’art dans toutes ses manifestations.

Les mannequins de la marque Siggil, créée par Cheikha, défilaient le long de la piste aménagée sur l’allée centrale du village, sur une série de tapis rouges et oranges, parmi les miroirs et les paravents peints par El Hadji SY et les structures en métal de Guibril André DIOP, dans le décor particulier du Village, rehaussé pour l’occasion de tissus rouges qui volaient dans le vent ci et là, accrochés à des structures, des branches, ou un parapluie suspendu à l’envers dans un manguier, rappelant les rideaux rouges de l’exposition. Les mannequins entraient en piste, laissant le totem de feu derrière eux, marchant parmi les miroirs pivotant et les peintures, dans leurs tenues en jeans et tissus imprimés qui moulaient les formes de leurs corps pour en souligner la beauté, ou bien laissaient plus de liberté créative aux mouvements des tissus en interactions avec les corps. Les tenues très urbaines et stylisées, arborées par les jeunes mannequins la démarche assurée dans ce décor improvisé, qui donnait un effet rustique et mystique à la fois, formaient un contraste et une complémentarité originale.

Après leur expression corporelle d’une esthétique vestimentaire, les mannequins, ainsi que le styliste Cheikha et son directeur de production, tous en tenue Siggil, se mêlaient ensuite aux visiteurs de l’exposition, les modèles de photos de mode se trouvant ainsi à leur tour dans le rôle du spectateur, de l’observateur qui donne une nouvelle vie à l’œuvre d’art à travers ses impressions, miroirs subjectifs de l’expression de l’artiste. D’ailleurs, tous ceux présents, artistes et autres, reprenaient ce rôle, participant à cette deuxième vie de la création en l’élargissant par de nouvelles idées et opinions. Chacun pouvait trouver un intérêt, une affinité, ou une question dans la variété d’œuvres présentées par les six photographes, cinq hommes et une femme, issus de trois générations, traitant des sujets très différents chacun à sa manière, avec son style, par diverses techniques et degrés de technologie, et surtout avec une réflexion et une démarche personnelle bien distincte. L’esthétique stylisée des photos de mode de Mamadou GOMIS côtoyait l’originalité moderne des photos retouchées à l’ordinateur de Babacar TRAORE, l’inventivité des portraits « la tête au carré » d’Alain BIFFOT, l’énergie mystique des photos de Fatou Kandé SENGHOR, les instants de vie de Pape SEYDI et la franchise crue des photos de Jacques Daniel LY. Une juxtaposition et une rencontre de concepts donc, et d’artistes dont plusieurs ne se connaissaient pas avant l’exposition.

La soirée s’est terminée sur bande sonore reggae, les idées foisonnant d’une part et les corps d’exprimant de l’autre, fidèles à cette ambiance créative et festive. Des groupes de jeunes se faisaient plaisir sur la piste de danse, non loin de certains des artistes qui ont formé l’histoire de l’art contemporain sénégalais. Les générations, les milieux et les origines se confondaient ainsi en une multitude d’opportunités de rencontres, de confrontations et d’échanges, aux niveaux artistique, relationnel et intellectuel. En bref, une soirée qui cultivait la fertilité et la productivité créative du Village des Arts.  

Voir tous les articles de #EnFaitOnSaitPlus

Un peu plus de lecture...